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Tour Eiffel : le directeur quitte ses fonctions après l'éviction d'employées pour la visite d'un groupe hindou
information fournie par AFP 29/09/2026 à 18:57

Des moines du groupe hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) assistent à une cérémonie devant la Tour Eiffel à Paris, le 3 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Des moines du groupe hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) assistent à une cérémonie devant la Tour Eiffel à Paris, le 3 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

L'affaire lui a coûté son poste : le directeur de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE), Patrick Branco Ruivo, a annoncé son départ mardi, un mois après l'éviction d'employées du monument lors de la visite d’un groupe de religieux hindous, qui avait provoqué un vif émoi.

L'enquête interne de la SETE "a mis au jour une série de dysfonctionnements et des défaillances dans la structuration des visites protocolaires et l'organisation de celle du 5 septembre, qui ont conduit à la mise à l'écart de personnel féminin le jour de la visite, situation inacceptable", indique dans un communiqué la société qui gère la "dame de fer" pour le compte de la Ville de Paris.

Suite à ces conclusions, qui n'ont pas été rendues publiques, Patrick Branco Ruivo, nommé à la tête de la SETE en 2018 pour une durée indéterminée, a annoncé son départ fin 2026.

"A aucun moment je n'ai donné d'instruction visant à écarter ou remplacer des femmes sur le parcours de cette délégation", assure-t-il dans un courrier à ses quelque 420 salariés.

"Pour autant, des femmes ont bien été mises à l'écart lors de cette visite, et je le regrette. Ainsi, dans le contexte actuel, je mesure que ma responsabilité est engagée car c'est à moi qu'il revient de répondre du fonctionnement de cette entreprise", explique le directeur général, âgé de 55 ans.

Le maire PS de la capitale Emmanuel Grégoire a salué une "décision responsable" après huit ans "au service de la tour Eiffel et de la SETE".

"Il est désormais impératif de préparer la transition de direction dans les meilleures conditions et de tirer pleinement les enseignements de la situation afin que de tels incidents inacceptables ne puissent plus se reproduire", a dit à l'AFP l'entourage de l'édile.

Des fidèles hindous offrent des prières après la cérémonie de consécration du temple hindou BAPS (Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha) à Bussy-Saint-Georges, le 6 septembre 2026 en Seine-et-Marne ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Des fidèles hindous offrent des prières après la cérémonie de consécration du temple hindou BAPS (Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha) à Bussy-Saint-Georges, le 6 septembre 2026 en Seine-et-Marne ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Le samedi 5 septembre, une délégation du mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) avait visité le monument emblématique de la capitale, à la veille de l'inauguration de son premier temple majeur en France, à Bussy-Saint-Georges, près de Paris.

La délégation du BAPS, réputé particulièrement conservateur et nationaliste par une partie de la diaspora indienne, avait demandé que la visite soit organisée en limitant les "interactions avec les femmes", avait alors expliqué la SETE, admettant que "ces conditions n'auraient pas dû être acceptées".

Grève des salariés

Cette mise à l'écart avait provoqué un tollé dans la classe politique et déclenché une grève des salariés le lundi 7 septembre, décidée juste avant l'ouverture de la tour Eiffel, restée fermée toute la journée.

Des membres de la communauté hindoue Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) passent devant la tour Eiffel alors qu'ils participent à une cérémonie fluviale sur la Seine, le 3 septembre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Des membres de la communauté hindoue Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) passent devant la tour Eiffel alors qu'ils participent à une cérémonie fluviale sur la Seine, le 3 septembre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

"A notre connaissance, à aucun moment l'accès à la tour Eiffel n'a été refusé à qui que ce soit", avait écrit sur X le BAPS de Paris, présentant "néanmoins" ses "sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation".

Après la révélation de l'affaire, Emmanuel Grégoire avait annoncé le lancement de deux enquêtes, l'une diligentée par la SETE auprès d'un cabinet extérieur, l'autre commandée à l'Inspection générale de la Ville, "propriétaire à 99% de la tour Eiffel", pour comprendre "ce qui a conduit à cette décision absurde, inique et inacceptable".

Ce deuxième rapport a également conclu à des "dysfonctionnements", a fait savoir le président de la SETE Ariel Weil, également maire de Paris Centre, dans un message aux salariés, sans plus de précisions.

L'élu socialiste, nommé en juin à la présidence de la SETE, dit avoir demandé "la création d'un véritable service protocolaire, la mise en place d’une nouvelle série de mesures et de formations en faveur de l'égalité femmes-hommes".

La SETE a engagé un vaste programme de travaux et d'entretien du monument de 137 ans, avec les chantiers de l'ascenseur Nord et la 20e campagne de peinture, qui ont fait l'objet de critiques de la Chambre régionale des comptes d'lle-de-France, fin 2025.

La tour Eiffel a accueilli 6,75 millions de visiteurs en 2025.

1 commentaire

  • 20:02

    Le principe du fusible : c'est la mairie de Paris qui possède et dirige la SETE. Il fallait que quelqu'un saute avant que le scandale de cette faute professionnelle ne touche Mme Hidalgo. (on note aussi que SETE dépasse les délais de peinture antirouille sur cet assemblage de fer, socialistes, mais il faut que ça crache!).


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